Portraits d'étudiants ayant le statut de sportif de haut niveau

Sarah et Mattéo sont deux étudiants de l'Université de Rennes 1, médaillés en boxe anglaise, ayant le statut de sportif de haut niveau et récompensés lors de la cérémonie des trophées du sport universitaire.
Portraits de Sarah et Mattéo lors d'une séance d'entrainement - © Frédéric Obé - Université de Rennes 1

Sarah Rochdi, médaillée d'or en boxe anglaise

Portrait de Sarah lors d'une séance d'entrainement - © Frédéric Obé - Université de Rennes 1

Loin du cocon familial, Sarah a découvert la boxe sur le tard, à l’âge de 22 ans en Belgique : "J’en avais toujours eu envie sans jamais oser". Alors Sarah rattrape le temps perdu.

Pensionnaire du Cercle Paul Bert, Sarah s’entraîne à Maurepas, cinq fois par semaine a minima. Seule féminine du club en compétition dans sa discipline, elle boxe avec les garçons : "J’ai pris cher au début, il a fallu que je fasse mes preuves". Championnats, tournois, galas… Sarah monte sur le ring autant qu’elle peut. Même à l’autre bout de la France : "Toutes les occasions sont bonnes pour progresser. Peu importe le résultat". Un pouce retourné et des contusions ne l’arrêteront pas. "Hors du club, j’entends encore des remarques sexistes nulles. Comme si une fille - forcément fragile - ne devait pas se faire mal ou serait trop jolie pour s’abîmer".

Bientôt pro ?

Inscrite sur la liste des sportives de haut niveau du Siuaps, la boxeuse a déjà disputé une vingtaine de combats, victorieux pour la moitié. Déjà championne de Bretagne puis ¼ finaliste aux championnats de France, Sarah combat désormais dans la catégorie - 54 kg.
Grande, mobile, la jeune femme de 27 ans gagne en puissance à mesure que se profile l’espoir de devenir professionnelle. "J’aime aller au bout des choses. En amateur, j’aurai bientôt fait le tour des possibles. Quand on est professionnel, on combat à l’étranger". Binationale, Sarah apprécierait boxer au Maroc.

Une thèse en route

En attendant, Sarah a une thèse biologie moléculaire à soutenir l’an prochain. Son sujet ? La fonction mitochondriale dans la réparation épithéliale des maladies inflammatoires intestinales. Doctorante à l’institut Nutrition métabolismes et cancer (NuMeCan), Sarah s’intéresse plus particulièrement à la rectocolite hémorragique.
Boxer et étudier à haute intensité ne sont pas incompatibles. "Même si le sport prend du temps, les deux activités se complètent bien. Il faut de la rigueur, de l’organisation et du mental dans les deux cas, estime Sarah. La boxe m’oblige à faire attention à mon alimentation, à mon sommeil. C’est excellent pour les études !".
Et après ? Davantage que la recherche publique à l’hôpital, Sarah se projette dans le consulting ou la R&D en nutrition santé.

Mattéo Portier, médaillé d'argent en boxe anglaise

Un pied en études, un autre au travail, les deux poings sur le ring : Mattéo Portier bataille pour trouver le temps de tout faire avec l’envie de passer pro un jour.

En licence économie et gestion sur le campus Hoche, Mattéo profitera des installations sportives de l’université une année supplémentaire. L’étudiant redouble mais se projette. Mattéo aimerait partir aux Etats-Unis l’an prochain en Erasmus. "En France, faire de la boxe son métier n’est pas facile. Les opportunités sont plus nombreuses aux Etats-Unis ou en Angleterre". Mattéo veut tenter l’expérience. "Quand j’aurais fait mes preuves en amateur, j’aimerais bien passer professionnel".

Un style explosif

Venu à la boxe au lycée par "curiosité", encouragé par un copain, Mattéo a choisi la version anglaise par facilité. "Je ne suis pas très souple des jambes, je ne voulais pas m’épuiser en exercices…".
Mattéo apprécie ce sport où la dépense physique et le travail technique vont de pair. Où "l’investissement" rime avec "dépassement". Bien contrôlée, son explosivité et ses enchaînements rapides donnent d’excellents résultats. Grand fan du champion mexicain Canelo Alvarez, Mattéo a gagné presque tous ses combats depuis deux ans.
S’il n’a pas encore assez combattu pour prétendre participer aux championnats de France, l’ambition est là, chevillée aux poings. "Je veux décrocher l’or aux prochains championnats universitaires et gagner un maximum de tournois nationaux en fédéral". Ceci en poids welters (- 67 kg) désormais.

Deux jobs étudiants

A l’université, son statut de sportif de haut niveau lui autorise un emploi du temps aménagé. Ce qui permet à Mattéo de s’entraîner une à deux fois par jour en semaine, en combinant la frappe, la piste et la préparation physique.
Pour financer ses études, le boxeur cumule deux emplois. Un premier à la salle de musculation de la Harpe comme moniteur-étudiant. Un second aux fourneaux de la Java bleue, un restaurant populaire d’Amanlis où Mattéo se forme au métier de cuisinier au fil des week-ends. Avec une autre paire de gants.

Le SIUAPS auprès des athlètes

Ces deux étudiants bénéficient des cours du Siuaps en boxe anglaise, en préparation physique. Ils sont formés par Pascal Boison et Hugues Frenoy. Ils bénéficient du statut de haut niveau universitaire par la biais d’une commission mixte gérée par le Siuaps afin de faciliter leur aménagement d’emploi du temps étudiant (déplacement éventuel de contrôle, de travaux dirigés). Ils pratiquent dans des salles de boxe spécifiques dont les deux universités rennaises sont propriétaires. Ces salles sont parfaitement équipées pour la pratique de haut niveau. Sarah et Mattéo sont ou ont été moniteur de musculation au Siuaps et participent au championnat de France universitaire gratuitement (transport, hébergement, restauration).